Ne pas écarter les jambes

«Nous pensons que rendre visible ces pratiques quotidiennes de machisme qui passent inaperçues est la seule manière d’avancer.» La pratique dont parle la député de Podemos Clara Serra dans la vidéo ci-dessous, c’est, entre autres, le «manspreading», cette manie qu’ont certains d’écarter les jambes dans les transports publics. Le 6 juin, son parti a déposé une proposition de loi devant le parlement de la région de Madrid pour que la campagne lancée par la mairie de la ville et l’entreprise des transports municipaux contre le manspreading soit étendue à l’ensemble de la région. Quelques semaines plus tôt, le parti d’extrême gauche de la CUP avait proposé une campagne similaire en Catalogne, en qualifiant le manspreading de «micro-agressions qui incommodent celles et ceux qui les subissent». À partir de mi-juin, de nouveaux symboles s’ajouteront aux interdictions de fumer et aux obligations de laisser sa place dans le bus aux femmes enceintes et aux personnes handicapées: interdiction d’écouter de la musique sans écouteurs, de parler trop fort au téléphone ET interdiction du manspreading. Le symbole utilisé s’inspire notamment d’une campagne de sensibilisation lancée dans le métro new-yorkais en 2014, comme l’a fait remarquer la conseillère municipale et politologue Rita Maestre. Cette campagne de sensibilisation répond à la demande d’un collectif de femmes, Mujeres En Lucha (les femmes en lutte). Elles avaient lancé il y a plusieurs mois une pétition accompagnée d’un hashtag sur les réseaux sociaux. #MadridSinManspreading, littéralement Madrid sans manspreading. Elles espéraient que la campagne de sensibilisation se ferait dans tous les moyens de transports, mais la région de Madrid a douché leurs espoirs en déclarant le 6 juin qu’elle ne «considèrerait aucune mesure concrète pour éviter le manspreading puisque le règlement des voyageurs contient déjà une mention selon laquelle chaque passager doit rester sur son propre siège». La société des transports n’a pour sa part pas précisé si la personne prise en flagrant délit de manspreading aurait à payer une amende. Madrid n’est pas la seule ville à avoir entamé une telle campagne de sensibilisation. Comme le rappel le Guardian avec une série de visuels utilisés pour dénoncer le manspreading, New York était précurseur, mais le Japon et la Pennsylvanie aussi. Mais c’est une série de Tumblr qui avait dénoncé en premier le phénomène. En France, le collectif Osez le féminisme avait lancé le hashtag #Takebackthemetro en 2014 et publié un visuel qui utilisait les mêmes codes que la société des transports franciliens. Un visuel toujours d’actualité… mais pas pour la RATP.

Mesurer la douleur des bébés

S’il y a bien quelque chose de difficile pour un jeune parent, c’est de comprendre pourquoi bébé pleure. Faim, froid, couche pleine, ou vraie douleur? Même pour les médecins, il est difficile de savoir si un nourrisson souffre, car celui-ci ne parle pas et les signaux qu’il exprime ne sont pas si clairs que ça. A vrai dire, jusque dans les années 70, les scientifiques pensaient que les bébés ne ressentaient pas la douleur et étaient donc opérés… sans anesthésie. Heureusement, ce n’est plus le cas aujourd’hui et les nourrissons peuvent même recevoir des analgésiques avant une opération, ou des traitements locaux avant une prise de sang, par exemple. Mais il n’est pas si aisé de savoir si la dose donnée fait bien effet. Heureusement, les travaux de chercheurs d’Oxford pourrait changer cela. Publiée ce mercredi 2 mai dans la revue Science, cette étude explique comment l’équipe de neuroscientifiques a réussi à mesurer le niveau de douleur ressentie par des nourrissons en étudiant leurs ondes cérébrales, grâce à des électrodes non invasives (électroencéphalographie). Les auteurs ont analysé l’activité du cerveau de 72 enfants, âgés de quelques semaines seulement. La technique a bien fonctionné. Par exemple, les signaux du cerveau liés à la douleur sont plus faibles quand la prise de sang est effectuée sur une zone où a été appliqué un anesthésique local. Aussi, les bébés qui montrent des signes visuels de souffrance ont effectivement une activité cérébrale évoquant une douleur. Pour autant, chez 45% des nourrissons n’affichant aucun signe extérieur, l’analyse de leur cerveau semble indiquer qu’ils souffrent malgré tout. Pour le moment, la méthode développée par les chercheurs ne permet pas d’analyser la douleur d’un seul individu. Mais les auteurs espèrent que de futures recherches permettront le développement d’un outil pouvant être utilisé en pédiatrie, notamment pour vérifier l’efficacité d’un anesthésique avant une opération.

Gravité versus électromagnétisme

Tout récemment, j’ai fait un saut en chute libre dans le ciel de Bondues. Je suis sûr que vous pensez que je vais vous décrire en long et en large comment ça s’est passé ; mais il se trouve que je suis une personne particulièrement énervante, et je vais donc m’abstenir de le faire. En premier lieu, les posts sur le sujet sont déjà trop nombreux à mon goût ; et en second lieu, j’ai surtout été particulièrement impressionné par ce que j’ai appris le lendemain de cette expérience. En effet, ce baptême très singulier m’a motivé à m’intéresser à cette chose étrange qu’on appelle la gravité. Et celle-ci est assez différente de ce qu’on croit ! La gravitation est pour l’homme une force tangible : nous y sommes asservis en permanence, et elle régente notre existence. C’est elle qui fait que chaque fois qu’on jette un truc en l’air, on sait qu’il va en toute logique retomber (même dans les cartoons), elle aussi qui est à l’origine de notre monde et de toutes les galaxies. En clair, c’est une force qui, à nos yeux, est colossale. Elle est tellement forte que les physiciens la voient comme la glu de notre univers. Et pourtant, en fait, c’est une force infiniment faible comparée aux autres. Pour vous donner une idée, un simple aimant peut suffire à soulever une pièce en fer, et donc, à narguer la gravité exercée par toute la planète ! Un minuscule aimant peut braver la gravité d’un monde pesant environ 6×10 puissance 24 kilos ! La raison à cela, c’est que la force électromagnétique est infiniment plus importante que la force gravitationnelle. Un milliard de milliard de milliard de milliard de fois plus puissante, c’est dire ! Des quatre forces en mesure d’élucider toutes les choses aperçues dans notre univers, la force gravitationnelle est la plus faibles de toutes. Et de savoir ça, ça altère énormément la vision qu’on peut avoir sur tout ça, non ? Voici le site par lequel je suis passé pour ce saut en parachute, si vous aimez les expériences un peu folles. En ce qui me concerne, j’ai vraiment adoré. Au point qu’il n’est pas interdit que je recommence un de ces quatre ! Suivez le lien pour les infos pratiques.

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Le vêtement entre dans la danse

Le créateur libanais Rabih Kayrouz a fait appel à la danseuse étoile Marie-Agnès Gillot (au centre) pour son défilé printemps-été 2017. En janvier, à Florence, lors du Pitti Uomo, le plus grand salon de mode masculine, Paul Smith a présenté sa ligne PS By Paul Smith sous la forme d’un show chorégraphié. Sur scène, huit danseurs professionnels alternaient figures acrobatiques, pas de danse classique et démonstrations de street dance, vêtus du vestiaire automne-hiver 2017-2018 de la ligne bis du créateur anglais. La performance était signée du chorégraphe Jamie Neale. « On a travaillé ensemble pour que le résultat soit crédible : ni trop dramatique ni trop théâtral, explique Paul Smith. Nous avons choisi des danseurs issus de spécialités différentes pour illustrer la fluidité de nos vêtements. » Une présentation qui faisait écho au thème du salon : la danse. « L’énergie de cette discipline apporte un souffle nouveau à la mode. Chaque saison, nous définissons un thème qui reflète notre époque. Le langage du corps est un bon outil de communication », indique Agostino Poletto, le directeur marketing du salon. En effet, Paul Smith n’est pas le seul à collaborer avec des chorégraphes. En octobre 2016, pour le lancement de la collection Kenzo x H&M, Jean-Paul Goude se voit confier la mise en scène d’un show spectaculaire fusionnant mode et danse. Le photographe-metteur en scène fait appel à l’une des stars du milieu, le chorégraphe américain Ryan Heffington, auteur de la danse endiablée du clip de Chandelier, de la chanteuse Sia (visionné plus de 1,5 milliard de fois sur YouTube). Pour clôturer le défilé de sa dernière collection, Stella McCartney, pour sa part, a demandé à Blanca Li de concevoir un flash-mob – des mouvements de foule synchronisés – destiné à entraîner le public. Quant à la très médiatique danseuse étoile Marie-Agnès Gillot, elle a chorégraphié et dansé lors du défilé printemps-été 2017 de Rabih Kayrouz, mais également posé pour les campagnes de Céline et des Galeries

Quand les Etats-Unis déteignent

Nous assistons depuis peu à une certaine forme de dégénérescence de la conscience politique. Celle-ci n’a jamais été exemplaire, évidemment : les malversations ont toujours existé, et les affaires de Sarkozy, de Chirac, ou de Juppé sont un exemple parmi d’autres. Mais il y avait jusqu’ici un soin minutieux à enrober ses mensonges, de la part des politiques. Mais c’est bel et bien fini. Aujourd’hui, un homme politique peut désormais dire n’importe quoi sans avoir à se justifier. Je suis encore allé à Vienne en Autriche il y a quelques jours, pour y suivre un séminaire, et j’ai eu l’occasion d’en débattre avec d’autres participants. Et nous étions tous frappés par la volte-face à l’oeuvre dans les milieux politiques français. Je me souviens que lorsque Sarkozy a gagné l’élection en 2007, j’ai noté une transformation importante dans le comportement des électeurs : ils se sont en effet mis à parader, et à regarder de haut les employés non qualifiés. Et un mouvement identique se fait sentir ces derniers temps. Sauf que cette fois, la métamorphose nous parvient des Etats-Unis. Il semblerait que Trump ait ouvert une boîte de Pandore et infecté la pensée politique. Jamais, avant Trump, un homme politique français n’aurait osé certifier qu’il retirerait sa candidature s’il était mis en examen, pour se contredire ouvertement quelques semaines plus tard. Mais à partir du moment où un président américain peut prétendre qu’un attentat s’est déroulé la veille en Suède (au gram dam de la Suède, qui ne semble pas au courant), il ne semble plus vraiment fondamental d’être subtil ou soucieux de réalisme dans ses propos. D’où l’emballement et les déclarations les plus invraisemblables que l’on entend désormais dans les médias. Une inculpation embête un politicard ? C’est une machination. Un incident embarrassant ? C’est un alternatif fact. La réalité n’a plus le moindre caractère tangible, et tout devient de fait possible. Surtout le pire, évidemment. Au passage, j’ai été séduit par ce séminaire en Autriche : l’organisation était un sans faute. Voilà l’agence qui l’a géré, si vous voulez programmer un événement.

Avec les cops

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La culture de la Grève

Certes, la gauche française est coresponsable de ce naufrage. Mais la faute principale incombe sans aucun doute à la droite. En ne réformant pas, en n’imposant pas à la France le logiciel naturel de toutes les droites européennes, Pompidou, Giscard, Chirac et Sarkozy ont laissé la gauche transformer le pays en une grande nurserie administrée où des syndicats, peu représentatifs, détiennent le véritable pouvoir. Coupable d’un tragique laisser-faire, cette droite n’a rien tenté ; aucune cure, aucune diète, aucune véritable austérité. Peu travailleuse, elle laisse Thomas Piketty et les think tanks de gauche théoriser, occuper la sphère médiatique, sans les contredire. Piketty affirme que les inégalités s’accroissent en France et que notre société est plus inégalitaire que jadis. Ce constat n’est pas anodin puisqu’il justifie toute une cohorte de mesures dont l’objet est de réparer cette inégalité croissante. La droite laisse les journaux reprendre cette contre-vérité et rase les murs. Mieux, elle s’autoflagelle sur le thème « nous avons fait des erreurs par le passé ». Il suffirait que cette droite se penche sur les travaux d’Alain Mathieu qui ose contredire la doxa pikettienne avec courage… mais dans le désert : « La richesse des 0,1 % les plus riches a été divisée par près de quatre entre 1914 à 1950 et n’a que très peu changé depuis 1950. Elle est aujourd’hui inférieure à celle de l’Allemagne. » Alain Mathieu qui ajoute : « Les revenus des pauvres en France ont fortement augmenté de 1960 à 1980 du fait notamment de la croissance des allocations sociales. Finalement, de 1914 à 1980, les inégalités en France n’ont cessé de diminuer. » Alain Mathieu qui démontre aussi que le patrimoine total des 10 % des Français les plus riches n’a jamais été aussi faible qu’aujourd’hui. Quel politique de droite a affirmé sur un plateau de télévision que ce discours sur les inégalités est faux ou biaisé ? Ou que, contrairement au credo répété par Piketty, le PS et nombre de journalistes, les riches Français n’ont jamais été aussi « pauvres » qu’en 2016. La contre-analyse d’Alain Mathieu est essentielle. Elle constitue un changement de paradigme. Alors, pourquoi se priver de l’utiliser dans le débat politique ? Ces accumulations de laisser-faire et de laisser-dire n’ont pas été sans conséquences. Elles ont permis d’ancrer la culture de gauche dans l’ADN du pays. Et avec elle son corollaire : la « gréviculture ». Car la France est sans contestation possible la championne de la grève (même si de nombreuses officines de gauche prétendent le contraire à longueur d’interviews). L’année dernière, le Wirtschafts und Sozialwissenschaftliches Institut, un think tank proche des syndicats allemands, a calculé sur la période 2005-2014 le nombre de jours d’absence causés par les grèves. Seize pays riches furent analysés et l’attention fut portée sur le seul secteur privé. Les totaux furent ensuite rapportés à la population active de chaque pays et une moyenne annuelle fut établie. La France arriva très largement en tête avec 139 jours de grève par an pour 1 000 actifs.

A Rome

Tout récemment, je suis allé à Rome pour un incentive. Et, un peu par hasard je dois dire, j’en suis venu à discuter des prochaines élections avec quelques collègues. Et je me suis rendu compte que pas mal d’entre eux ne voyaient même plus l’intérêt d’une telle discussion : ils pensaient même ne pas aller voter du tout ! D’après moi, ils mettent la tête dans le sable. Aucune élection n’a été aussi importante que celle de mai. Cette présidentielle décidera plus que jamais de notre destin, à l’échelle nationale et internationale. Pourquoi ? Parce que notre pays doit à tout prix changer de cap. Il faut se rendre compte qu’il s’est tellement affaibli qu’il est devenu presque négligeable sur le plan international. On le voit bien dans la récente interview qu’a accordé Trump, et où il critique l’Europe : il montre combien il fait peu de cas de la France ; il ne prononce pas une seule fois son nom dans la discussion ! Je sais bien que cet oubli relève aussi de la manoeuvre politicienne : le républicain adorerait briser l’Europe et espère attiser les dissensions. Cela dit, il ne faut pas être aveugle non plus : le pays a été saigné à blanc par le couple Sarkozy/Hollande. Il est donc important, aujourd’hui plus que jamais, d’opter pour un dirigeant compétent, capable d’effacer l’héritage désastreux de ses prédécesseurs, et en particulier au niveau géopolitique. Parce qu’avec des gens tels que Trump en face, je ne donne pas cher de notre pays si nous ne mettons pas en place quelqu’un de solide. Je comprends bien entendu les citoyens qui sont révoltés par les discours. Mais il ne faut pas flancher, et surtout pas aujourd’hui. Nous devons élire un président proposant des mesures concrètes et lui mettre la pression une fois qu’il sera en place. Ne pas hésiter à manifester dès lors qu’il entreprend de faire marche arrière en raison des difficultés. D’après moi, le passage à creux de la France n’est pas uniquement à mettre sur le compte de nos dirigeants. C’est aussi de notre responsabilité : c’est à nous de faire en sorte qu’ils fassent ce qu’ils ont promis… Sinon, cet incentive à Rome était une vraie réussite. Les animations proposées étaient tout simplement excellentes. Voici l’agence qui l’a mis en oeuvre, si vous cherchez une agence événementielle.

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Un parfum de roussi

Pas de fumée sans feu, dit-on. Or, nous sommes cernés par la fumée. Que doit-on en conclure ?

Les anglais se sont laissés enfumer par les partisans du Brexit. Les américains se sont laissés enfumés par les discours de Trump. Et nous, par quoi nous laisserons-nous enfumer en mai prochain ? Poutine souffle depuis des années sur l’Europe un vent d’euroscepticisme, de défiance à l’égard des médias. Un vent qui sera également désormais alimenté par Trump (il a déjà commencé à vouloir fragmenter l’Europe, et ce avant même son investiture !).

Si nous laissons ces deux géants souffler suffisamment longtemps sur l’Europe, nul doute que celle-ci ne finisse par s’embraser ! Aujourd’hui, plus que jamais, il faut apprendre à regarder au-delà des écrans de fumée, à voir le feu qui brûle en dessous. C’est notre seule chance d’échapper au pire. Souvenez-vous comme le monde entier s’est laisser enfumer par les propos rassurants des économistes, qui assuraient début 2007 que tout allait bien. On paye aujourd’hui encore les conséquences de cet enfumage. Et nous paierons sans doute bien plus cher l’enfumage en provenance de l’Amérique et de la Russie !

Vous l’aurez compris : il sera beaucoup question d’actualité, sur ce blog. Mais pas seulement. Etant donné que je voyage souvent et bouge encore plus, il est possible que je partage de temps à autre avec vous mes découvertes, mes destinations coup de coeur, ou même mon humeur du moment. Mais rassurez-vous : ce ne seront là que des interludes : le coeur de ce blog reste et restera toujours l’actualité et son parfum de roussi ! 


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